textes du cours n°5: figures du criminel

Publié le par prepamal2010.over-blog.com

1.     Macbeth, de l’humanité à la monstruosité ?

A.    De la « virtus » de Macbeth à sa monstruosité

1.       La « virtus » de Macbeth

Acte I, scène 4 p.75

Duncan :

O très noble cousin !

Jusqu’à l’instant encore, péché d’ingratitude

Etait pesant sur moi. Si fort tu nous devances,

Que la plus rapide aile de la récompense

Lentement te rejoint. Plût au ciel que tu eusses

Moins mérité, pour qu’une proportion

Entre les remerciements et paiements pût être mienne.

Et seulement il me reste à te dire :

Plus grand ton dû, que ne le paierait plus que tout

Macbeth :

Le service et la loyauté dont j’ai devoir

Faisant ainsi, eux-mêmes se paient. Votre Altesse

A pour rôle d’agréer nos devoirs : et nos devoirs

Pour trône et grandeur sont enfants et serviteurs ;

Qui ne font que ce qu’ils doivent, quand ils font tout

En considération de votre amour et de votre honneur.

I,7 p92-93

Lady Macbeth

As-tu la peur

D’être en ton acte véritable et ton courage

Le même que tu es en désir ? Tu voudrais

Avoir ce que tu crois ornement de la vie

Et comme un couard vivre devant ta conscience

Laissant « je n’ose pas » veiller sur « je voudrais »

Comme le pauvre chat du proverbe ?

Macbeth

Allons Paix

J’ose tout ce qui peut convenir à un homme

Qui ose plus n’en est pas un.

2.    Macbeth le monstre

II, 3 p 127, (la manière dont il se justifie d’avoir tué les gardes de Duncan.)

Macbeth

Qui peut être sage atterré, et modéré étant furieux

Loyal et neutre au même instant ? Personne :

L’action de mon violent amour

Dépassa réflexion, raison. Ici devant moi gît Duncan,

Sa peau d’argent brodée avec son sang doré

Ses plaies béantes semblant ouvertures dans la nature

Pour l’entrée dévorante de la ruine ; et là

Les meurtriers

Plongés dans la couleur de leur besogne, et les poignards

Couverts d’obscènes caillots : qui pouvait se retenir

Ayant un cœur pour aimer, et dans ce cœur

Courage pour montrer amour

 

V, 2 p.257:

Caithness :

Il fortifie durement le grand Dusinane

Certains disent qu’il est fou, et d’autres le haïssant

Moins nomment cela fureur guerrière.

Mais ce qui est certain, il ne peut plus enserrer sa

Maladie frénétique dans la boucle d’une règle.

 

 

B.   Macbeth ou la souffrance du mal

 

I, 3 p.69 : Si c’est bien pourquoi dois-je céder à l’idée

Dont l’image d’horreur hérisse mes cheveux

Et fait que mon cœur frappe mes côtes

Contre son mode naturel ?

 

I, 7 p.89

Si c’était fait, lorsque c’est fait, alors ce serait bien

Si c’était vite fait ; et si l’assassinat pouvait saisir dans son filet les conséquences

Capturer le succès dans son tranchement ; mais que ce coup

Puisse être le tout-être et fin de tout…ici,

Seulement ici sur ce banc rive du temps

Nous risquerions la vie à venir »(…) en tel cas

Nous avons jugement encore d’ici-bas

-pour n’avoir enseigné que manœuvres sanglantes

Lesquelles font retour quand elles sont connues

En infestant leur inventeur ; l’égale main de justice

Propose l’ingrédient du poisonneux calice

A notre lèvre.

 

II, 2 p.113

Macbeth

Je n’irai plus

J’ai l’horreur (I’m afraid) de penser de cela que j’ai fait ;

Le revoir je n’ose pas 

II, 3 :

Macbeth

Je me repens pourtant de ma fureur-

Que je les aie tués.

 

II, 2 p.113

Ah qu’en est-il de moi, quand tout bruit m’épouvante ?

Qu’est-ce que ces mains ? Ha elles crèvent mes yeux !

Tout l’océan du grand Neptune arrivera-t-il à  laver

Ce sang de ma main ? Non c’est plutôt ma main

Qui rendra les multitudes marines incarnat

Faisant de tout le vert un rouge.

 

                V, 3 p.261

Macbeth :

J’ai vécu assez longtemps : et le chemin de ma vie

Est tombé dans les feuilles jaunies et séchées ;

Et tout ce qui devait escorter le vieil âge

Honneur, amour, hommage et cohorte d’amis

Je ne dois pas espérer les avoir ;…

 

 V, 5 p 271.

Je suis gorgé d’horreur

L’atroce, familier de mes pensées sanglantes

Ne peut plus me surprendre.

 

C.    Macbeth ou les pièges de l’imagination

 

I, 3 p.71

Macbeth(…) Deux vérités sont dites,

Comme prologue heureux à l’acte qui se gonfle

Du thème impérial

La sollicitation surnaturelle

ne peut être le mal, ni le bien. Si c’est mal

Pourquoi ne donna-t-elle gage du succès

Commençant par la vérité ? Je suis Cawdor

Si c’est bien, pourquoi dois-je céder à l’idée

Dont l’image hérisse mes cheveux

Et fait que mon cœur assis frappe mes côtes

Contre son mode naturel. Les peurs présentes

Sont moindres que d’horribles imaginations :

Ma pensée, où le meurtre encor n’est que fantasme

Secoue à tel point mon faible état d’homme

Que la raison étouffe en attente, et rien n’est

Que cela qui n’est pas.

Banquo : Regardez comme rêve notre compagnon

Macbeth : Si veut me couronner Fortune

Sans que je bouge, peut me couronner Fortune

III, 5 p.183 :

Hécate : Sur la corne de la lune, pend une goutte vaporeuse, qui est prête à tomber ; je l’attraperai avant qu’elle n’arrive sur terre ; ce qui distillé par magiques moyens fera surgir des esprits d’artifice, tels que, par la puissance de leur illusion, ils le jetteront dans la confusion ; il méprisera le destin, il dédaignera la mort, et il portera ses espoirs par delà  sagesse, grâce et crainte »

2.     Lady Macbeth, une femme, un monstre ?

A.    Un personnage monstrueux

I, 5 p 81

Lady Macbeth : « Ah vous venez esprits

Qui veillez aux pensées mortelles, faites moi sans mon sexe, et du front à l’orteil comblez moi

De la pire cruauté ! faites mon sang épais

A la pitié interdisez accès et passage

Afin que nul mouvement sensible de la nature

N’ébranle mon dessein sinistre ou ne fasse la paix entre lui et l’exécution !

Venez à mes seins de femme prendre mon lait comme fiel, vous instruments meurtriers,

Où que vous surveilliez dans vos substances invisibles

La méchanceté de nature ( nature ‘s mischief) (p.63)

 

 I,7p 93

Donc quelle bête vous a fait révéler cette entreprise à moi ?

Quand vous l’avez osé, alors vous étiez homme.

Etre plus que ce que vous n’étiez, ce serait être homme d’autant plus (…)

J’ai allaité et je sais

Combien tendre est d’aimer le bébé qui me trait-

J’aurais tandis qu’il souriait à mon visage,

Arraché le mamelon à sa gencive édentée

Et fait éclater son cerveau, si j’avais juré comme vous

Avez juré

B.   Un personnage machiavélien

I .5, p 78-79

LM (…)Glamis tu es, et Cawdor. Tu seras

Tout ce qui t’es promis. Mais je crains ta nature,

Trop pleine elle est du lait de la tendresse humaine

Pour prendre le plus court : tu voudrais être grand

Et tu n’es pas sans ambition- mais sans que t’aide

Le mal, et ce que tu voudrais puissant

Tu le voudrais justement ; tu ne voudrais pas jouer faux

Et tu voudrais gagner faussement : tu voudrais avoir

Grand Glamis,

Celui qui crie « tu le feras si tu veux avoir »

Cela que bien plus tu redoutes de faire

Que tu n’a désir que ce soit non fait.

Viens ici ; que je puisse verser mes esprits dans ton oreille…

 

I, 6 p.87 :

Notre service

En tous points accompli par deux fois, et puis double accompli

Serait pauvre et simple chose en comparaison

De ces honneurs profonds et larges par lesquels

Votre majesté a comblé notre maison ;

Pour d’anciennes dignités, de récentes qui s’ajoutèrent,

Nous demeurons vos adorants.

 

II, 3 p.124 ;

 LM :

Malheur ! hélas

Quoi dans notre maison ?

 

C.    Le retour de l’humanité

II, 2, p113 :

Lady Macbeth :

Mes mains ont la couleur des vôtres ; mais j’ai honte

De porter un cœur si blanc


 

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