textes du cours n°4:Macbeth, tragédie du libre arbitre

Publié le par prepamal2010.over-blog.com

1.     De la présence du mal en l’homme

a.    A l’origine, Macbeth le brave

  • I, 2 le récit de la bataille p.49-55

o    p.51

Le capitaine : Incertaine elle était,

Ainsi deux nageurs épuisés qui s’accrochent l’un à l’autre

Etouffent leur pouvoir, Macdonwald implacable,

(digne d’être un rebelle, car pour ça grouillent sur lui les croissantes bassesses de la nature)

Des iles de l’Ouest, reçoit renfort de troupes légères et lourdes

Et Fortune, souriant à son infernale querelle, se montre putain de rebelle : mais en vain

Car Macbeth le brave (qui certes mérite ce nom là)

Méprisant la fortune, et son acier brandi, qui fumait d’une sanglante éxécution

Comme un mignon de la Valeur s’est taillé passage

Jusqu’à l’esclave, face à face :

Auquel il ne serra la main et auquel il ne dit adieu

Tant qu’il ne l’eut pas décousu du nombril jusqu’à la poitrine

Et qu’il n’eut planté sa tête sur le haut de nos remparts.

o    p.51

Le capitaine  Comme au point où le soleil commence son rayonnement les tempêtes naufrageuses et les redoutables tonnerres éclatent

Ainsi de cette source, où la force semble venir sourd l’angoisse

O roi d’Ecosse, sache le, sache le, oh ! Sache le !

A peine la justice a-t-elle, armé de valeur, contraint ces

Soldats voltigeants à trouver salut par leurs talons

Que le roi de Norvège…

o    p.53

Le capitaine : (…)Doublement, ils ont redoublé les coups portés à l’ennemi

Auraient-ils voulu se baigner dedans les blessures fumantes

Ou célébrer un nouveau Golgotha-je ne sais-…

b.    La faute de Macbeth : Macbeth le pécheur ?

  • I, 3 p.61

S1 : très grand salut à toi, sieur de Glamis

S2 Très grand salut, Macbeth, à toi sieur de Cawdor

S3 : Très grand salut à toi, qui sera roi.

  • I, 3, p.61

Banquo : Cher seigneur, pourquoi sursauter, sembler craindre

Des choses qui sonnent si beau- Par le nom de la vérité

Etes vous un fantasme, ou en réalité

Ce que vous montrez dehors ? Vous saluez mon noble partenaire

Par présentes faveurs et grandes prédictions

D’avoir de noblesse et royal pouvoir,

Tant qu’il en paraît envouté

Ah si vous pouvez voir dans les graines du temps

Dire quels grains croîtra quel grain ne croîtra pas

Parlez alors à moi, qui ne prie ni ne crains

Vos faveurs, non plus que vos fureurs.

  • I, 3 p.71

Macbeth(…) La sollicitation surnaturelle ne peut être le mal, ni le bien. Si c’est mal

Pourquoi ne donna-t-elle gage du succès

Commençant par la vérité ? Je suis Cawdor

Si c’est bien, pourquoi dois-je céder à l’idée

Dont l’image hérisse mes cheveux

Et fait que mon cœur assis frappe mes côtes

Contre son mode naturel. Les peurs présentes

Sont moindres que d’horribles imaginations :

Ma pensée, où le meurtre encor n’est que fantasme

Secoue à tel point mon faible état d’homme

Que la raison étouffe en attente, et rien n’est

Que cela qui n’est pas.

Banquo : Regardez comme rêve notre compagnon

Macbeth : Si veut me couronner Fortune

Sans que je bouge, peut me couronner Fortune

  • I,3 p.69

Banquo Et Bien souvent les puissances obscures nous disent le vrai, nous gagnent par des futilités honnêtes, pour nous trahir dans les plus graves circonstances »

  • I, 7 p.91

L.M : Etait-il saoul, l’espoir

Dans lequel vous étiez vêtu ? et a-t-il dormi depuis ?

Et se réveille-t-il maintenant, pour regarder pâle et vert

Ce que librement il voulait ? ‘

c.    Le mal dans l’homme c’est quoi ? Nature originelle de ce mal : concupiscence

 

  • I, 7 p.89-90 :

Il est ici sous double garantie :

En premier je suis son parent et son sujet,

Deux forces contre l’acte ; et puis je suis son hôte

Qui devrais contre ses meurtriers ferme la porte,

Non prendre le couteau moi-même. Et ce Duncan

A montré un pouvoir si doux, il a été

Si équitable en sa haute fonction, que ses vertus

Telles dans anges, trompettes parlantes ,

Plaideront contre

Le crime abominable de sa suppression

Et la pitié, comme l’enfant-nu nouveau-né

Chevauchant l’ouragan, ou Chérubins du ciel

Montés sur les coursiers invisibles de l’air,

Proclamera pour tous les yeux l’horrible action,

Tant que les peurs noieront le vent ! Nul éperon

Pour exciter le flanc de mon vouloir, seulement

L’ambition voltigeante et dépassant son propre but

Qui verse de l’autre côté-

  • I, 7 : p.93

LM : Donc quelle bête vous a fait révéler cette entreprise à moi

Quand vous l’avez osé, alors vous étiez homme ;

Etre plus que vous n’étiez, ce serait

Etre homme d’autant plus.

A la fin de la scène, p.95

Je suis décidé

Je tends les instruments de mon corps vers cette terrible action

Allons et moquons le temps par l’aspect le plus riant :

Visage faux doit cacher ce que le cœur faux connaît

  • II,1 p103

Macbeth : « il n’y a rien de cela », (…)« Je viens et c’est fait »


 

2.     La mécanique tragique du mal.

a.    La faillite de l’être

  • I, 1 p.63 

Macbeth : J’apprends que, Sinel mort, je suis sieur de Glamis

Mais comment de Cawdor ? le sieur de Cawdor vit

Seigneur prospère ; et enfin être roi

Ne se tient pas dans mes perspectives de croyance.

  • I, 3, p.63

Banquo : Des honneurs nouveaux lui arrivent

Comme vêtements étrangers lui arrivent,

Qui ne collent pas à leur forme,

Sinon avec l’aide du temps.

  • V,2 p.257

Angus (...) : et maintenant il sent son titre prendre

Lâchement sur lui

Comme la robe d’un géant, sur un nain voleur.

 

  • III, 4 (scène du banquet)p.173

LM : êtes vous un homme ?

Macbeth : oui et un homme hardi qui ose regarder

Ce qui pourrait épouvanter le diable

  • III, 4 p.177 :

Macbeth (s’adressant à l’ombre de Banquo)

(…) Sois de nouveau vivant

Et combats moi, avec ton épée, au désert ;

Si j’abrite alors tremblement, appelle-moi

Alors fille-bébé

(…)

Voilà, ainsi

Et lui parti, je redeviens un homme (I am a man again)

 

  • III, 1

Banquo : Roi, Cawdor et Glamis, tu as vraiment tout,

Comme ont promis les fatales soeurs

III, 2p 155

LM : On n’a plus rien, tout dépensé

Quand le désir est assouvi sans satisfaire

Plus sûr est d’être ce que nous détruisons

Que de destruction, tirer joie heureuse

b.    La perte de la liberté

  • V, 9 p.286

Je ne me rendrai pas

Pour baiser la terre devant les pieds du jeune Malcolm

Etre forcé par les malédictions de la canaille !

Bien que Birnam soit arrivé à Dusinane,

Et que toi combattant ne sois né d’aucune femme,

Je tenterai le dernier coup.

c.    Finalement, ce à quoi parviennent les criminels, c’est à un nihilisme complet.

  • V, 5 :

Macbeth

Elle aurait dû mourir plus tard,

Il y aurait eu le temps pour un tel mot

Demain, et demain et demain

Se glisse dans ce pauvre pas de jour en jour

Vers la dernière syllabe du temps des souvenirs ;

Et tout nos hiers ont éclairé des fous

Sur le chemin de la mort poussiéreuse.

Éteins-toi !pauvre chandelle !

La vie n’est qu’une ombre en marche, un pauvre acteur

Qui s’agite pendant une heure sur la scène

Et alors on ne l’entend plus ; c’est un récit

Conté par un idiot, plein de son et de furie,

Ne signifiant rien.

 

3.     La possibilité du bien?

a.    Banquo, figure ambigue de la conscience

  • I,3 p.69

Banquo  Cela, si l’on y croit pourrait vous échauffer d’espoir vers la couronne

Plus loin que sire de Cawdor mais c’est étrange

Et Bien souvent les puissances obscures nous disent le vrai,

Nous gagnent par des futilités honnêtes, pour nous trahir

dans les plus graves circonstances »

  • II, 1 p.103

Banquo : Que je ne perde aucunement

Cherchant à l’augmenter, mais en gardant

Mon cœur très franc et la claire allégeance,

Je suivrai vos conseils.

  • III, 1, p.141

(…) Si est en elles vérités-

Comme sur toi, Macbeth ?leur parole a brillé-

Ainsi dans leur véracité prouvée par toi,

Ne seraient-elles pas aussi bien mon oracle

Pour me fonder en espérance ? Mais silence.

b.    Figures de l’innocence et de la pureté : l’enfant et le roi.

  • Le fils de Macduff (IV, 2 p.213 et sq.)

IV, 2 p.213 et suivantes

Lady Macduff : Vous votre père est mort

Que ferez vous maintenant, comment vivrez vous ?

Le fils

Comme les oiseaux, mère

LM : oui de vers et de mouche

Ce que je trouverai, je veux dire comme eux

LM Pauvre oiseau ! tu ne craindras

Ni le filet ni la glu

Ni le trébuchet, ni le piège

Le fils : Pourquoi craindrais-je ma mère.

Les pauvres oiseaux, ils ne sont pas recherchés

Mon père n’est pas mort malgré ce que vous dites[1]

Mais ce qui est surtout remarquable c’est la maturité dont fait preuve l’enfant : dans la discussion avec sa mère sur le sort des traitres, et au moment de sa mort : les dernières parole du fils de Macduff sont

Ma mère-il m’a tué. Je vous en prie fuyez (p.221).

  • IV, 3 p.233

Macduff : Quelle est la maladie dont il parle

Malcolm : Elle est appelée le mal ;

Une bien miraculeuse action de ce bon roi

Que bien souvent, depuis que je demeure en Angleterre, je l’ai vu faire

Comment il fait intervenir le ciel, lui seul le sait,

Mais des gens gravement éprouvés

Tout gonflés, ulcérés, pitoyables au regard, et qui sont désespoir pour la chirurgie,

En suspendant à leur cou une médaille d’or, qu’il a posée avec saintes prières,

Il les guérit. Et il dit qu’il lèguera à tous les rois ses successeurs

La guérissante bénédiction. Avec cet étrange vert, il a pouvoir de prophéties,

Ainsi diverses grâces sont attachées à son trône, qui le manifestent plein de sainteté.

 

c.    Malcolm, image du bien ?

  • II, 4 p 135, : « Les deux enfants du roi ont fui : ce fait peser sur eux le soupçon de l’action 

 

  • IV, 3 p.225

Malcolm : c’est moi que je désigne : en qui je reconnais

Toutes les variétés de vices si greffées

Que, quand elles seront au jour, le noir Macbeth

Semblera neige pure, et notre pauvre Etat (Fair in foul and fou is fair)

L’estimera comme un agneau, en comparant

Avec mes méfaits sans limites.

  • A la fin de la scène p.231 :

(Malcolm)« ce que vrai je suis

Est à toi, appartient au malheureux pays »

 



[1] Trébuchet : Piège à planchette basculante pour prendre des oiseaux.

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