Introduction générale: textes

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DOCUMENT 1

Deux faits d’actualité.

Les inondations en Chine de juillet 2010

Deux provinces dans le nord connaissent les pluies les plus fortes depuis douze ans. Les rivières débordent et il y a beaucoup de victimes que ce soit dans la province du Shaanxi, près de Pékin ou dans le Sichuan. Le niveau des cours d’eau est au plus haut en cinquante ans, ce qui a provoqué l’inondation de plusieurs villes et villages. Ainsi de larges parties de la ville d’Angkang dans la province du Shaanxi ont été ensevelies.

Le 18 juillet, à la suite de terribles glissements de terrain, 8 personnes ont été tuées, 37 sont portées disparues, et pas moins de 6 000 maisons ont été détruites. Les autorités gouvernementales qui avaient procédé à l’évacuation de 100 000 habitants luttent à présent pour organiser les sauvetages dans cette cité, et s’attendent à un bilan humain beaucoup plus lourd.

Si on se rend plus au sud dans la province du Sichuan, les affluents du fleuve Yangtzé ont dépassé les niveaux d’alerte de plus de 9 mètres. Dans cette zone, on compte des dizaines de morts et plus de 600 000 personnes ont été évacuées. Les gouvernements locaux s’inquiètent d’autant plus que les eaux dans le haut bassin du Yangtzé ont déjà dépassé les nivaux atteints en 1998, où les pires inondations de mémoire de la Chine avaient fait 4 150 morts et provoqué l’évacuation de 18 millions de personnes.

Site internet de RFI, juillet 2010

Une mère étrangle sa fille handicapée à Saint Malo

Selon le parquet de Rennes, la mère, soupçonnée d’avoir étranglé sa fille handicapée de 8 ans, aurait avoué le meurtre avant d’être hospitalisée. La maman, 44 ans, était arrivée à Saint-Malo en mars et pensait mener une vie plus sereine en Bretagne qu’en région parisienne où elle résidait auparavant.

Dimanche soir, elle a administré une dose importante de neuroleptiques à son enfant et l’aurait ensuite étranglée avec une écharpe. Elle a ensuite tenté de mettre fin à ses jours en prenant elle aussi des médicaments, insuffisants selon le parquet pour provoquer le décès.

L’autopsie, pratiquée aujourd’hui, a confirmé que la fillette est décédée d’asphyxie. Pour l’instant, la mère est toujours hospitalisée et sera entendue sous le régime de la garde à vue dès que son état le permettra. « Il s’agit d’un drame du désespoir, a commenté Hervé Pavy, procureur de Rennes. Cette femme était à bout et n’a pas obtenu les améliorations dans sa vie qu’elle espérait en déménageant à Saint-Malo. La justice humaine est désarmée devant de tels actes. Les faits peuvent se qualifier d’assassinat, la réclusion perpétuelle serait alors encourue. Il sera très difficile pour des magistrats de frapper juste. »

Site internet de Ouest France, 25 août 201

 

DOCUMENT 2

Résumé du livre de Job

 

Le prologue (chap 1 et 2) : Le texte en prose présente les protagonistes du drame. Il ne pose pas de difficulté à un lecteur attentif ; le texte souligne la perfection de Job et à la responsabilité de Dieu dans la conduite des événements.

Le premier cycle de discours commence par un longue plainte de Job (chap. 3). Il maudit la nuit de sa conception et le jour de sa naissance (v. 2-10) ; ensuite il aspire au néant et au repos de l'absence (v. 11-19) ; enfin, il parle de la souffrance de tous les hommes soumis à l'épreuve (v. 20-28).

Eliphaz de Téman lui répond en défendant le dogme de la justice rétributive (chap. 4, v. 1-11) qui explique l'énigme de la souffrance : les méchants sont punis. Au chap. 5, il reproche à Job son manque de confiance en la justice de Dieu (v. 1-7) et l'invite à prier (v. 8-17) pour obtenir la guérison (v. 18-27).

Job reprend sa plainte ; il décrit le poids de l'angoisse qui l'accable (chap. 6, v. 1-7) et redit son désir de disparaître pour ne plus souffrir (v. 8-14) ; il relève l'absence de soutien de la part des amis (v. 15-21) et les appelle à une relation vraie (v. 22-30). Au chap. 7, Job relève la misère qui fait partie de la condition humaine désespérée et s'adresse à Dieu pour lui reprocher de le persécuter (v. 1-21).

Bildad de Chouah lui répond que Dieu est juste et que la misère de l'homme est la conséquence du péché (chap. 8).

Job reprend sa plainte en accusant Dieu d'avoir une conduite arbitraire qui est justifiée par sa toute-puissance (chap. 9, v. 1-13). Il souligne la situation de l'homme qui ne peut entrer en procès avec Dieu, car il a pour lui la raison du plus fort (v. 14-33). Job s'adresse alors directement à Dieu lui reprochant de ne pas avoir égard à la condition humaine ; il accuse Dieu de le persécuter en reprenant les images par lesquelles les prophètes disaient l'action de Dieu punissant l'impiété (chap. 10, v.1-17), avant de souhaiter disparaître.

Sophar de Naamat lui rétorque que la situation de Job est liée à son péché et que son ignorance rend injuste sa protestation (chap. 11) v. 1-12). Il invite Job à la conversion (v. 13-20). Job reprend la parole (chap. 12) pour récuser la théologie de la rétribution développée par ses amis (v. 1-10) ; il remet en cause la théologie de l'histoire, qui veut que Dieu agisse en tout avec sagesse et miséricorde, pour relever l'absurde de la conduite de Dieu (v. 11-25). Job prend à partie ses amis (chap. 13) leur reprochant d'être de mauvais avocats de Dieu (v. 1-13). Il décide de procéder en justice contre Dieu-même (v. 13-19) et s'adresse à Dieu, lui demandant pourquoi il le traite ainsi (v. 20-26). Au chap. 14, Job parle au nom de l'humanité (v. 1-14) dont il dit la terrible condition ; il relève l'irrévocabilité de la mort (v. 13-22).

Eliphaz de Téman reprend la parole pour accuser Job d'être prétentieux (chap. 15, v. 1-16) et l'invite à entrer dans la tradition des sages qui ont dit le bonheur illusoire du méchant et sa punition prochaine (v. 17-35). Job lui répond que ce discours est trop connu et qu'il parle au nom de sa souffrance (chap. 16, v. 1-10) ; il relève que Dieu est injuste à son égard (v. 11-17) et appelle à la justice (v. 18-22). Au plus extrême de sa peine, il en appelle à Dieu contre Dieu (chap. 17, v. 1-10) et dit son désespoir (v. 11-16).

Bildad de Chouah prend la parole et redit que le méchant seul périt (chap. 18, v. 1-21). Job répond (chap. 19) que Dieu est en cause (v. 1-12) qui le traite comme un ennemi. Ses amis aussi le persécutent (v. 13-22). Il en appelle une fois encore à Dieu contre Dieu (v. 23-29) pour dire une espérance insensée : sa guérison et sa justification.

Sophar de Naamat (chap. 20) reprend le thème du châtiment mérité par le pécheur (v. 1-29). Job (chap. 21) lui répond que ce tableau ne correspond pas à la réalité, car les méchants sont prospères tandis que les justes sont persécutés (v. 1-34).

Eliphaz de Téman accuse Job de fautes d'ordre social : étant riche, il n'a pas pu ne pas commettre des injustices (chap. 22, v. 1-20) et l'appelle au repentir (v. 21-30).

Job répond par une lamentation où il se plaint du silence du Dieu inaccessible (v. 1-7) qui se cache (v. 8-9) et lui fait peur (v. 13-17). Job élargit la plainte à la situation des victimes de l'arrogance des riches et des méchants (chap. 24, v. 1-25).

Bildad de Chouah développe le thème du péché originel : personne n'est pur devant Dieu (v. 1-6) et le thème de la toute-puissance de Dieu dans la création (chap. 26).

Job continue son propos en affirmant son innocence (chap. 27, v. 1-5) ; il confirme son attitude de demande de justice et souligne le paradoxe de la situation de l'humanité (v. 13-23). La plainte de Job laisse place à un développement sur la sagesse qui est inaccessible à l'homme (chap. 28) et que Dieu seul connaît. Job reprend la parole pour évoquer sa grandeur passée (chap. 29, v. 1-20) et sa détresse présente (chap. 30) : les misérables se moquent de lui (v. 1-8) ; il subit l'injure (v. 9-15) ; il est sans force (v. 16-19). Job se plaint encore en s'adressant à Dieu (v. 20-31). Job poursuit en disant une fois encore son innocence (chap. 31) qui est le fruit de l'observation de la Loi, extérieurement mais aussi intérieurement (v. 1-34) avant de redire son appel à Dieu (v. 35-37).

Intervient alors Elihou rapidement présenté. Il commence par reprocher aux trois sages leur échec à raisonner Job (chap. 32), avant de s'adresser à Job (chap. 33) ; il évoque l'action de Dieu dans la création et par révélation qui apprend que la souffrance est liée au péché et que Dieu s'en sert comme d'une médecine pour guérir l'homme. Il généralise ce propos en s'adressant de nouveau aux trois amis de Job (chap. 34, v. 1-15) puis à Job à qui il expose que Dieu est juste en tout ce qu'il fait. Pour lui, Job est pécheur et doit reconnaître son tort pour être sauvé. Au chap. 35, il invite Job à contempler la majesté de Dieu et justifie son silence par l'orgueil de Job qui demandait des comptes à Dieu. (v. 1-16). Il se fait l'avocat de Dieu, chap. 36) et maintient que Job a contesté Dieu et donc qu'il doit se repentir (v. 1-21). Il élargit le propos par un hymne au créateur (v. 22-33) qui se poursuit au chapitre suivant.

Dieu répond enfin dans un premier discours (chap. 38 et 39). Il interroge Job pour lui faire sentir sa faiblesse devant la toute-puissance à l'oeuvre dans la création. Job s'incline (chap. 40 v. 1-5). Un deuxième discours reprend la même apologie de la puissance de Dieu à partir de la description des monstres mystérieux : Béhémot, Léviathan ( chap. 40 et 41). Job répond en confessant la tout puissance de Dieu L'épilogue montre comment Dieu restaure Job dans son bonheur et récuse ses amis. Job doit intercéder pour eux. Tout se termine donc très bien.

Source : http://biblio.domuni.eu/articlesbible/conf_job/conf_job.ht


 

DOCUMENT 3 :VOLTAIRE. Poème sur le désastre de Lisbonne (1756)


O malheureux mortels! ô terre déplorable!
O de tous les mortels assemblage effroyable!
D'inutiles douleurs éternel entretien!
Philosophes trompés qui criez: "Tout est bien"
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours!
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous: "C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix"?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes:
"Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes"?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants?
Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices?
Lisbonne est abîmée, et l'on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages:
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.

 

DOCUMENT 4 LEIBNIZ. Essai de Théodicée (1710)

 

« Vous voyez plus de mal que de bien ? Vous voyez mal. Il faudrait pouvoir tout voir et bien voir comme Dieu, et alors on ne pourrait manquer de tout vouloir et de bien vouloir, comme lui, et par conséquent de vouloir ce monde avec les maux qu’il comporte »

 

 

 

DOCUMENT 5 SPINOZA Ethique

L’homme n’est pas un empire dans un empire

" La plupart de ceux qui ont écrit sur les affects et sur les principes de la conduite semblent traiter non de choses naturelles qui suivent des lois générales de la nature, mais de choses qui sont en dehors de cette Nature. Il semble même qu'ils conçoivent l'homme dans la Nature comme un empire dans un empire. Ils croient en effet que, loin de le suivre, l'homme perturbe l'ordre de la Nature et que, dans ses propres actions, il exerce une puissance absolue et n'est déterminé que par lui-même. Aussi attribuent-ils la cause de l'impuissance et de l'inconstance humaines non pas à la puissance générale de la Nature mais à je ne sais quel vice de la nature humaine sur laquelle, dès lors, ils pleurent, rient, exercent leur mépris ou, le plus souvent, leur haine. Et celui qui sait accabler l'impuissance de l'Esprit humain avec le plus d'éloquence ou le plus d'arguments passe pour divin. (…)

Mais voici mes raisons. Il ne se produit rien dans les choses qu'on puisse attribuer à un vice de la Nature ; car elle est toujours la même, et partout sa vertu, sa puissance d'agir est une et identique ; c'est-à-dire que les lois et les règles de la Nature selon lesquelles tout se produit et se transforme sont toujours et partout les mêmes, et c'est aussi pourquoi, quelle que soit la nature de l'objet à comprendre, on ne doit poser qu'un seul et même principe d'explication : par les lois et règles universelles de la Nature. "

Spinoza, Ethique

 

Démonstration : Nous appelons bien ou mal ce qui est utile ou contraire à la conservation de notre être (par les Déf. 1 et 2, part. 4) ; en d'autres termes (par la Propos. 7, part. 3), ce qui augmente ou diminue, empêche ou favorise notre puissance d'agir. Ainsi donc (par les Défin. de la joie et de la tristesse qu'on trouve dans le Schol. de la Propos. 11, part. 3), en tant que nous pensons qu'une certaine chose nous cause de la joie ou de la tristesse, nous l'appelons bonne ou mauvaise ; et conséquemment la connaissance du bien et du mal n'est rien autre chose que l'idée de la joie ou de la tristesse, laquelle suit nécessairement (par la Propos. 22, part. 2) de ces deux mêmes passions. Or cet idée est unie à la passion qu'elle représente de la même façon que l'âme est unie au corps (part la Propos. 21, part. 2) ; en d'autres termes (comme on l'a montré dans le Schol. de cette même Propos.), cette idée ne se distingue véritablement de cette passion, c'est-à-dire (par la Défin. génér. des pass.) de l'idée de l'affection du corps qui lui correspond, que par le seul concept. Donc la connaissance du bien et du mal n'est rien autre chose que la passion elle-même, en tant que nous en avons conscience. C. Q. F. D.

Spinoza, Ethique

DOCUMENT 6 : KANT. La religion dans les limites de la simple raisons(1794) III. - L'homme est mauvais par nature.

 

Cette proposition : l'homme est mauvais, ne peut, d'après ce qui précède, vouloir dire autre chose que ceci : l'homme a conscience de la loi morale, et il a cependant adopté pour maxime de s'écarter (occasionnellement) de cette loi. Dire qu'il est mauvais par nature, c'est regarder ce qui vient d'être dit comme s'appliquant à toute l'espèce humaine : ce qui ne veut pas dire que la méchanceté soit une qualité qui puisse être déduite du concept de l'espèce humaine (du concept d'homme en général), car elle serait alors nécessaire, mais que, tel qu'on le connaît par l'expérience, l'homme ne peut pas être jugé différemment, ou qu'on peut supposer le penchant au mal chez tout homme, même chez le meilleur, comme subjectivement nécessaire.

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