Giono cours n°1: un monde humain trop humain

Publié le par prepamal2010.over-blog.com

Introduction :

1)      Contextes et structure

A.     La vie de Giono. Les âmes fortes dans son œuvre.(distribuer bio, et leur laisser le temps de la lire)

GIONO D’Homère à Machiavel

 «  La terre, y écrit-il, n’est peuplée que de princes ; les uns sont en exercice, les autres en puissance ; c'est-à-dire (le mot est beau) en illusion. Nous sommes tout le temps en train de régir, dicter, ordonner, obliger, jurer, dominer, régner » (D’Homère à Machiavel).

B.      Les AF : une chronique.

 

A.− Recueil de faits historiques regroupés

 

par époques et présentés selon leur déroulement chronologique. Anciennes chroniques; chroniques du Moyen Âge; les Chroniques de Froissart, de Saint-Denis. L'histoire grecque est un poème, l'histoire latine un tableau, l'histoire moderne une chronique (Chateaubriand, Essai sur la littérature anglaise, t. 2, 1836, p. 239) :

1. Le moine Raoul Glaber, dans sa chronique, signale comme le fait le plus considérable du onzième siècle le « renouvellement des basiliques ».

Guéhenno, Journal d'une « Révolution », 1937, p. 72.

B.− P. ext.

1. Récit mettant en scène des personnages réels ou fictifs, tout en évoquant des faits sociaux et historiques authentiques, et en respectant l'ordre de leur déroulement. Les « Chroniques Italiennes » de Stendhal,

2. Ensemble de nouvelles vraies ou fausses, de propos souvent défavorables, qui se propagent en général oralement. La chronique galante, mondaine, scandaleuse, villageoise. Les plus habitués (...) à violer les convenances et à friser le scandale (...) se montrent les plus offensés si la chronique les effleure (Sainte-Beuve, Premiers lundis, t. 3, 1869, p. 269) :

4. ... elle avait la rue sous les yeux et y lisait du matin au soir, pour se désennuyer, à la façon des princes persans, la chronique quotidienne mais immémoriale de Combray, qu'elle commentait ensuite avec Françoise.Proust, Du côté de chez Swann, 1913, p. 52.

Défrayer la chronique. Occuper le centre des propos, des conversations. Ces événements défrayèrent la chronique pendant la semaine d'attention posthume que Paris accorde à ses comédiens ordinaires (De Vogüé, Les Morts qui parlent, 1899, p. 382).

3. Article de journal ou de revue, émission de radio ou de télévision, produits régulièrement et consacrés à des informations, des commentaires sur un sujet précis. Péguy, L'Argent, 1913, p. 1188.

C.      La structure du roman

a.      Description de la structure 

b.      Analyse de la structure(psi 26/1 analyse 1èr récit dans le tableau idem PT

c.       Interprétations possibles de cette structure (dans l’optique du programme)

p.19« Je veux dire être et paraître, la différence que c’est ! Tu vas, tu viens, tu es quelqu’un ; et puis ça éclate. »

p.350 « la vérité ne comptait pas » (partie du passage où Le contre explique ce qu’est une âme forte

2)        un monde sans transcendance.

a)      La mort

i)        Albert

 

p.27.

-on ne fait pas de mal. Si l’Albert m’entendait, il serait le premier à en rire

-ce n’est pas pour lui, c’est pour elle

-Si c’est pour elle alors, il ne s’agit pas de mort. Elle n’a pas du tout envie de mourir, elle profite de son sommeil et elle se fout du tiers comme du quart.

-C'est-à-dire qu’il ne faut pas la réveiller et que c’est une question de convenance. Autrement, il est certain que les mort…

-Ce n’est pas si certain que ça

-Mais si, ils n’ont plus besoin de rien. Tout ce qu’on fait, c’est l’habitude. Tu crois que si tu allais faire un trou dans le pré, maintenant, et que tu y mettes l’Albert sans tambour ni trompette, le monde s’arrêterait de tourner ?

-au moins une caisse.

-Et le prêtre ? On n’est pas des chiens.

-C’est ce que je te dis, c’est l’habitude

 

p.33

-Tire moi donc ces caillettes du pot, qu’on voie un peu leur figure

-Eh bien laissez moi vous dire que ça n’a pas bel aspect

-Qu’est-ce que tu y trouves de mal ?

-vous avez des yeux comme moi. Je ne veux pas être une empêcheuse de danser en rond

-Nous ne voyons pas.

-Cette blancheur me répugne

- C’est de la graisse

- et vous vous voulez vous mettre de la graisse dans le coco en pleine nuit ?

-Mon cœur se soulève. Manger ces choses dans la maison d’un mort !

-Elle va chercher midi à quatorze heures

- Si tu n’en veux pas n’en dégoute pas les autres

- je trouve que vous êtes sans gêne. Le pauvre Albert est à peine étendu raide sur son lit, et tout de suite vous lui mangez ses caillettes

-Thérèse dites votre mot vous. Ce n’est pas  le premier mort que vous veillez à votre âge (…) Mais est-ce que à chaque fois, on ne mange pas un morceau ?

-Si je dois le dire c’est l’absolue vérité.

-Qu’on prenne des forces, je veux bien, mais vous vous attablez

-Tu cherches la petite bête. Pourquoi voudrais-tu qu’on mange avec ses doigts si on a des fourchettes et des assiettes

-La mort c’est sacré.

-Eh bien, ce n’est pas parce que j’ai mis mon cul sur une chaise et que je me suis tirée près d’une table qu’elle sera moins sacrée. Tu es plus royaliste que le roi , toi.

ii)      Numance, Firmin

iii)    Les querelles d’héritage :

b)     Le baptême(p 159 et suivantes).

P 159

(M. Numance) qui décoiffe une bonne bouteille, fait fausse route. Cela n’aurait de valeur pour Firmin que si tout Chatillon le voyait boire cette bonne bouteille. Si le fait d’avoir bu une bonne bouteille lui permettait ensuite de prendre du poil de la bête avec un tel ou une tel avec lesquels il rêve d’entrer en combinaisons !... Mais si c’est pour le vin, non. Il boit le bon comme il boit le mauvais. Ce qu’il veut c’est : avoir. Enfin M. Numance lui donne trois cigares. A ce moment là, le baptême prend sa signification pour Firmin. Le cigare est une chose qu’on peut montrer. Il a même une idée de génie : il va non seulement se montrer avec un cigare, mais il va donner un de ces magnifiques cigares à quelqu’un. « ça, qui est-ce qui ta donné ça ? –c’est Firmin ». C’est un baptême qui sert à quelque chose !

c)       Le don

p.161

« Ce qu’il ne comprend pas surtout c’est pourquoi on lui a donné ce pavillon et la terre. Ces gens ne lui devaient rien. S’ils le leur avaient arraché, s’ils les avaient roulés, cocagne ! Il saurait comment il les a roulés. Il serait certain de ce qu’il a. Mais là, il n’a pas eu le temps d’ouvrir la bouche qu’on lui a dit : « Tenez, voilà le pavillon et voilà la terre. » Ce n’est pas naturel. Ce n’est pas clair »p 161

P46

(l’une des veilleuses à propos de sa querelle d’héritage avec sa sœur)

Si la loi était la loi, les cadettes ne devraient rien avoir : voilà la justice. Mais la justice dans ce bas monde ! La justice il faut se la faire soi-même. C’est malheureux à dire mais c’est comme ça. Si on est trop bonne on est volée »

 

d)     L’espace du roman :

i)        Chatillon (décrit par le Contre) p .141 sq.

« C’est entre deux flancs de montagne, un bourg paisible, sans bruit »

C’est un cul de sac. (…) Pour les routes, c’est également presque un cul de sac »

Puis évocation de la route qui vient d’Italie et part de l’autre côté de la grande route ver Lus.

Les soucis essentiels y sont « le bon air » et « prendre le soleil »

ii)      Clostres :

Nous sommes à Clostres. Regarde bien Clostres. Tu vois l’église. Un gros tilleul…

p. 343 :

Clostres inutile de vous dire ce que c’est, vous le savez. Mais à l’époque c’était encore moins. (…) Clostre, c’était purement en simplement l’église et l’auberge. Le reste : montagne. Ces deux bâtisses étaient là, côte à côte dans le désert, pour une raison bien simple : à cet endroit là, c’est un palier….

 

p 91 : « le jour triste, le jour de vent, le jour mortel de ce pays là quand le temps se gâte comme c’était le cas : les nuages qui vous raclaient la tête, et la nuit à deux heures de l’après midi, et la montagne dont on ne voit plus le sommet, et qui est de toutes parts, comme les côtés d’une boite »

iii)    La nature : pas non plus de quoi trouver un réconfort dans la nature : la description de la campagne au printemps autour de Chatillon p.272-273 :

 

3)      L’omniprésence et la multiplicité du mal : la condition humaine.

a)      Souffrances ( mal subi)

i)        La récurrence de l’incendie et la symbolique inversée du feu

Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?

On ne l’a jamais su ; quand j’avais six ans, on n’avait pas encore relevé les murs

Il y a eu beaucoup de morts

Les neufs qui sont marqués sur la croix. Mais là il y a le nom d’une mère et de ses deux filles : deux jumelles. C’était des petites de toute beauté, il paraît.

ii)      Douleurs et morts

p.132

Il y a aussi les deux bonnes. Elles servent un peu à tout.(…) D’ailleurs elles changent souvent. Imaginez deux corps de bonne sur lesquels on change la tête tous les quinze jours. Elles font leur petites histoires : rires, pleurs, cris, danse, gifles, départ…

iii)    Solitude et ennui :

p.28 :

J’ai eu trois fils, je les ai perdus. Mon mari aussi. Mes belles-filles, Une est ici, l’autre est de là. Mes petits enfants ? Une lettre au jour de l’an : « Ma chère mémé. » Un point c’est tout. Et après ? c’est la vie.

  A Chatillon, l’occupation essentielle est de cancaner (cf. la recherche de l’amant de Mme Numance qui occupe tout le village p.115 et suivantes.

b)     Fautes : les comportements humains (mal commis)

cf. p.36 « je ne sais pas s’il a tort ou s’il a raison, mais on le voit gonfler à vue d’œil. AU début il y mettait encore un peu de manières ; maintenant, on dirait Dieu le père. Il fait son prix et c’est parole d’évangile. Si tu discutes, il se fout de ta gueule et il s’en va »

l’histoire de la succession du beau père p.42-et suivantes,

voir aussi p.46 et sq  la querelle entre sœurs,

c)      Une condition humaine marquée par la présence du mal

i)        Les appétits humains

. p 21

« c’est toujours pareil. Ils ont des idées. Nous ne sommes pas obligés d’avoir les mêmes »

ii)      Un récit qui dévoile les appétits

 

 

Publié dans Textes lus en cours

Commenter cet article