corrigé du concours blanc sup

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Le sujet propose deux thèses opposées, ce qui peut constituer une base assez facile pour construire le plan :

la première partie de la citation offre le support d’une première partie où l’on répondra à la question : comment peut-on affirmer que le mal est « inhumain, voire bestial » ? (opinion commune)

la seconde partie peut s’employer à montrer les limites et les erreurs de cette opinion commune

la 3ème partie montrera alors qu’au contraire le mal est nécessairement attaché à la nature humaine

 

1ère partie : On a tendance à considérer que le mal, l’acte méchant relève de l’inhumain voire du bestial

Réflexion sur les œuvres

Arguments dégagés

Plan détaillé de la partie

Shakespeare : Macbeth

  • Le personnage de Lady Macbeth, caractérisé par la sauvagerie : le rejet de la féminité (I, 5, v.27-46 p.81 et de la maternité( I, 7, v. 48-59 p.93)
  • Le personnage de Macbeth : En tuant Duncan, il viole toutes les règles qui régissent les relations entre les humains : liens de parenté, hospitalité, respect  de l’humanité de Duncan ( I, 7, v. 15-28, p.89-90)
  • La sauvagerie du meurtre lui-même : Macbeth monte tuer Duncan, puis LM remonte pour maculer de sang le corps endormi des gardes.
  • Le couple inversé des Macbeth, signe d’une monstruosité de ce couple
  • La monstruosité de Macbeth à la fin de la pièce,  son insensibilité : V, 5, v.9-15. Il a perdu tout sentiment humain

ROUSSEAU. PDF

  • Le personnage du jeune homme dans le prologue : le contact avec le mal le plonge dans une stupide ignorance » et une « profonde misanthropie »
  • Le portrait des méchants p.85 : celui qui, à force de se concentrer sur lui-même, vient à bout de n’aimer que lui-même, n’a plus de transport, son cœur glacé ne palpite plus de joie (…) le malheureux ne se sens plus ; il est déjà mort. »
  • Le méchant défini comme celui qui n’est plus capable d’entendre la voix de la conscience,  de suivre « l’instinct de l’âme » et se soumet aux passions (le corps)

GIONO les AF

  • L’association constante des méchants avec des animaux : Firmin avec la tique -S’il se met sur quelqu’un c’est la tique. Il est toujours placé dans un endroit où vous ne pouvez pas vous gratter. Faites du sang, il en boit. Faites du poison : vous en crevez mais lui s’en tire. Il attendra que vous soyez froid, et à un autre p.135. – Thérèse avec un furet assoiffé de sang
  • Les relations de couples de Thérèse et de Firmin marquées par la sauvagerie et la violence en particulier à la fin du roman (on peut élargir à l’ensemble des relations entre les hommes dans les AF)
  • Le thème alimentaire dans les AF : l’appétit omniprésent des caillettes à « on la voudrait toute »

Sauvagerie et violence des actes méchants

La négation de l’humanité de l’autre (humain sens 2)

La négation de sa propre humanité (monstruosité et animalité du méchant)

Arg1 : La méchanceté s’accompagne de violence sauvage

  • S Le personnage de Lady Macbeth, caractérisé par la sauvagerie : le rejet de la féminité (I, 5, v.27-46 p.81
  • G Les relations de couples de Thérèse et de Firmin marquées par la sauvagerie et la violence en particulier à la fin du roman (on peut élargir à l’ensemble des relations entre les hommes dans les AF)
  • S La sauvagerie du meurtre lui-même : Macbeth monte tuer Duncan, puis LM remonte pour maculer de sang le corps endormi des gardes.

Arg 2 Etre méchant, c’est nier l’humanité d’autrui

  • S Le personnage de Macbeth : En tuant Duncan, il viole toutes les règles qui régissent les relations entre les humains : liens de parenté, hospitalité, respect  de l’humanité de Duncan ( I, 7, v. 15-28, p.89-90)
  • R Le personnage du jeune homme dans le prologue : le contact avec le mal le plonge dans une stupide ignorance » et une « profonde misanthropie »

Arg 3 : Mais c’est aussi nier sa propre humanité

  • S Le couple inversé des Macbeth, signe d’une monstruosité de ce couple
  • S La monstruosité de Macbeth à la fin de la pièce,  son insensibilité : V, 5, v.9-15. Il a perdu tout sentiment humain
  • La « maladie de LM décrite par le médecin »
  • R Le portrait des méchants p.85 : celui qui, à force de se concentrer sur lui-même, vient à bout de n’aimer que lui-même, n’a plus de transport, son cœur glacé ne palpite plus de joie (…) le malheureux ne se sens plus ; il est déjà mort. » « le méchant « âme cadavéreuse »
  • R Le méchant défini comme celui qui n’est plus capable d’entendre la voix de la conscience,  de suivre « l’instinct de l’âme » et se soumet aux passions (le corps).
  • G L’association constante des méchants avec des animaux : Firmin avec la tique -S’il se met sur quelqu’un c’est la tique. Il est toujours placé dans un endroit où vous ne pouvez pas vous gratter. Faites du sang, il en boit. Faites du poison : vous en crevez mais lui s’en tire. Il attendra que vous soyez froid, et à un autre p.135. – Thérèse avec un furet assoiffé de sang(G). les yeux de loup…

Conclusion partielle /transition : Les actes méchants semblent donc constituer une sorte de négation de l’humain : en commettant le mal, non seulement le méchant s’exclut de l’humanité en adoptant un comportement sauvage souvent proche ce celui d’un animal, mais aussi en niant à l’autre le statut d’humain, puisqu’au mépris de tout sentiment humain, il n’hésite pas à détruire son semblable. Faire le mal c’est donc sortir de la nature humaine pour régresser à celle de l’animal. Cependant, force est de constater que même du pire des méchants, je ne peux nier qu’il soit, comme moi, un homme. Il appartient bien à mon espèce, et il est trop facile de lui nier toute humanité

 

2ème partie : Cependant, il est trop facile et faux de nier l’humanité du mal

Réflexion sur les œuvres

Arguments dégagés

Plan détaillé de la partie

SHAKESPEARE. Macbeth

  • Interprétation des personnages des sorcières.
  • Le meurtre de Duncan est l’aboutissement d’un long processus dans l’esprit de Macbeth : c’est un acte réfléchi pensé. Macbeth commence par en avoir l’idée en I, 4 (p.77) au moment où Duncan désigne en Malcolm son successeur. Suit la lettre à LM, puis ses hésitations (I, 8) puis la décision suite à la discussion avec LM.
  • Chez LM, le crime est également choisi et assumé (dès la lecture de la lettre de Macbeth.
  • L’accomplissement du crime est préparé, organisé (stratagème des gardes faussement accusés).
  • Dans l’accueil de Duncan, (I, 6) LM fait preuve d’une duplicité parfaitement maîtrisée
  • On fait le mal pour le pouvoir

ROUSSEAU PDF.

  • Le mal est attribué à l’homme : p.76 : « Homme ne cherche pas l’auteur du mal : cet auteur, c’est toi-même »
  • Le mal est même spécifiquement humain, puisqu’il ne perturbe pas l’ordre général de la nature : seul l’homme le commet et seul l’homme en subit les conséquences.
  • Le mal est le résultat d’un mauvais usage de nos facultés : de notre liberté en particulier Elle (la Providence) l’a fait libre (l’homme), afin qu’il fit non le mal, mais le bien par choix »(p.75).
  • P.94 : Les coupables qui se disent forcés au crime sont aussi menteurs que méchants : comment ne voient-ils point que la faiblesse dont ils se plaignent est leur propre ouvrage ; que leur première dépravation vient de leur volonté ; qu'à force de vouloir céder à leurs tentations, ils leur cèdent enfin malgré eux et les rendent irrésistibles ? Sans doute il ne dépend plus d'eux de n'être pas méchants et faibles, mais il dépendit d'eux de ne le pas devenir.

GIONO Les AF :

  • La méchanceté semble partagée, peu ou prou par tous les personnages : il n’y a pas de véritable bonté en l’homme.
  • Thérèse, comme Firmin, met son énergie et son intelligence au service de l’accomplissement du mal : la ruine des Numance est minutieusement préparée par Firmin ; la séduction de Mme Numance idem par Thérèse.

Exemples hors programme : Le mythe adamique lu comme l’entrée de l’homme dans l’humanité (texte de Safranski TD dissert) (utilisable pour la transition.

 

L’acte méchant n’est jamais impulsif, instinctif, mais toujours préparé. L’intelligence du méchant

 

 

 

 

 

L’acte méchant est toujours choisi. Volonté et liberté du mal

 

 

 

 

 

Seul l’homme a la capacité de faire le mal

 

 

 

Arg1 Seul l’homme a la capacité de faire le mal

  • R Le mal est attribué à l’homme : p.76 : « Homme ne cherche pas l’auteur du mal : cet auteur, c’est toi-même »
  • R Le mal est même spécifiquement humain, puisqu’il ne perturbe pas l’ordre général de la nature : seul l’homme le commet et seul l’homme en subit les conséquences.
  • G La méchanceté semble partagée, peu ou prou par tous les personnages : il n’y a pas de véritable bonté en l’homme.

 

Arg 2 : L’acte méchant n’est jamais impulsif, instinctif, mais toujours préparé. L’intelligence du méchant

  •  S.L’accomplissement du crime est préparé, organisé (stratagème des gardes faussement accusés).
  • S. Dans l’accueil de Duncan, (I, 6) LM fait preuve d’une duplicité parfaitement maîtrisée
  • G Thérèse, comme Firmin, met son énergie et son intelligence au service de l’accomplissement du mal : la ruine des Numance est minutieusement préparée par Firmin ; la séduction de Mme Numance idem par Thérèse.

 

Arg 3 : L’acte méchant est toujours choisi. Volonté et liberté du mal

  • S Le meurtre de Duncan est l’aboutissement d’un long processus dans l’esprit de Macbeth : c’est un acte réfléchi pensé. Macbeth commence par en avoir l’idée en I, 4 (p.77) au moment où Duncan désigne en Malcolm son successeur. Suit la lettre à LM, puis ses hésitations (I, 8) puis la décision suite à la discussion avec LM.
  • R Le mal est le résultat d’un mauvais usage de nos facultés : de notre liberté en particulier Elle (la Providence) l’a fait libre (l’homme), afin qu’il fit non le mal, mais le bien par choix »(p.75).
  • S Chez LM, le crime est également choisi et assumé (dès la lecture de la lettre de Macbeth.

 

Conclusion partielle/ transition : il semble bien que l’accomplissement du mal mette en jeu quelques unes des facultés spécifiques de l’homme : liberté, volonté. Le mythe adamique semble même suggérer que c’est en choisissant le mal que l’homme devient vraiment homme, puisque c’est avec l’expulsion du jardin d’Eden que commence finalement l’histoire de l’humanité. Le mal apparaît donc indissolublement lié à la nature de l’homme, à ce qui constitue un homme. Reste à savoir ce qu’on  entend dire lorsqu’on définit le mal comme l’un des propres de l’homme.

 

3ème partie :  Le mal, nécessairement l’un des propres de l’homme, puisqu’il révèle la complexité de la nature humaine

SHAKESPEARE Macbeth

  • Le choix du meurtre fait l’objet d’un débat entre Macbeth et LM sur ce qu’est un homme. Macbeth se rallie à la définition de l’homme que lui propose LM (vouloir être plus que ce qu’il est.).
  • L’ambition galopante de Macbeth. Celle de Lady Macbeth. Faiblesse de la résistance de Macbeth, Présence de la tentation du meurtre en lui (Les sorcière comme figuration de son désir
  • La présence du remords signe de la possibilité du bien LM en particulier
  • Forme de « grandeur » chez Macbeth qui affronte à la fin de la pièce le destin qu’il s’est lui-même choisi en affrontant Macduff.
  • Malcolm qui se définit comme un anti Macbeth
  • Macduff qui se constitue comme instrument d’élimination du mal que représente Macbeth

ROUSSEAU PDF

  • Portrait du méchant : confusion de l’amour de soi et de l’amour propre : la méchanceté comme triomphe des passions
  •  
  • Le mal comme mise à l’épreuve de l’homme : P.94 : Les coupables qui se disent forcés au crime sont aussi menteurs que méchants : comment ne voient-ils point que la faiblesse dont ils se plaignent est leur propre ouvrage ; que leur première dépravation vient de leur volonté ; qu'à force de vouloir céder à leurs tentations, ils leur cèdent enfin malgré eux et les rendent irrésistibles ? Sans doute il ne dépend plus d'eux de n'être pas méchants et faibles, mais il dépendit d'eux de ne le pas devenir.
  • Les illusions des méchants, leur faux bonheur (opposition entre l’homme de nature et l’homme moderne p.76)

GIONO les AF

  • La volonté de puissance à l’œuvre
  • Le mal comme moyen de sublimer l’existence, de lui donner un sens : Thérèse (définition de l’âme forte : celle qui a trouvé « une marche à suivre ». En ce sens il est le moyen de combler le vide de la condition humaine

 

Le mal est le révélateur de la faiblesse humaine

 

 

Le mal permet aussi la grandeur

 

Il est aussi ce qui, comme le bien, conduit l’homme à se définir comme tel, en bien…ou en mal

Arg 1 : Le mal est le révélateur de la faiblesse humaine

  • L’ambition galopante de Macbeth. Celle de Lady Macbeth. Faiblesse de la résistance de Macbeth, Présence de la tentation du meurtre en lui (Les sorcières comme figuration de son désir
  • Portrait du méchant : confusion de l’amour de soi et de l’amour propre : la méchanceté comme triomphe des passions
  • Le mal comme mise à l’épreuve de l’homme : P.94 : Les coupables qui se disent forcés au crime sont aussi menteurs que méchants : comment ne voient-ils point que la faiblesse dont ils se plaignent est leur propre ouvrage ; que leur première dépravation vient de leur volonté ; qu'à force de vouloir céder à leurs tentations, ils leur cèdent enfin malgré eux et les rendent irrésistibles ? Sans doute il ne dépend plus d'eux de n'être pas méchants et faibles, mais il dépendit d'eux de ne le pas devenir.
  • Les illusions des méchants, leur faux bonheur (opposition entre l’homme de nature et l’homme moderne p.76)

 

Arg 2 : Le mal permet aussi la grandeur :

  • Forme de « grandeur » chez Macbeth qui finalement de la pièce le destin qu’il s’est lui-même choisi en affrontant Macduff.
  • Malcolm qui se définit comme un anti- Macbeth(en refusant le mal, il devient potentiellement un « bon » roi.
  • Macduff qui se constitue comme instrument d’élimination du mal que représente Macbeth

Arg 3 : Il est  ce qui, comme le bien, conduit l’homme à de définir comme tel, en bien…ou en mal : la mystérieuse liberté de l’homme.

  • La présence du remords signe de la possibilité du bien LM en particulier
  • Le choix du meurtre fait l’objet d’un débat entre Macbeth et LM sur ce qu’est un homme. Macbeth se rallie à la définition de l’homme que lui propose LM (vouloir être plus que ce qu’il est.).
  • Le mal comme moyen de sublimer l’existence, de lui donner un sens : Thérèse (définition de l’âme forte : celle qui a trouvé « une marche à suivre ». En ce sens il est le moyen de combler le vide de la condition humaine

Conclusion : Ainsi le mal, loin d’être inhumain, est bien, comme le dit Luc Ferry l’un des propres de l’homme. Non seulement, l’homme seul a la capacité de faire le mal, mais surtout cette capacité est nécessaire puisque d’elle dépend aussi celle de faire le bien. Parce que l’acte méchant est l’une des voies par lesquelles se révèle la faiblesse et la misère de l’homme, elle ouvre aussi la porte à la grandeur qu’on peut trouver même trop tard dans le remords et la mort, ou dans le refus du mal. A moins que comme la Thérèse des âmes fortes, on se situe au-delà du bien et du mal. Mais la fraîcheur de Thérèse à la fin du roman n’est peut-être que le masque de sa désillusion, ou de sa vanité.

 

Publié dans DS pcsi-ptsi

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