corrigé DS 1 PC Gambetta

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Notes de lecture

On pourrait penser qu’il faut ignorer le mal (thèse refusée)

L. LAVELLE. Le mal et la souffrance (1940)

On peut se demander s’il est utile à l’esprit de fixer son regard sur le mal, soit pour le définir, soit pour l’expliquer, soit pour l’éviter. Car on lui donne, en le considérant de trop près, une espèce de réalité ; il fascine alors la conscience qui, par la peur même qu’elle en a, se sent attirée par lui. N’est-ce pas au contraire la pensée et la volonté du bien qui seules doivent donner à notre âme la lumière et la force et, en occupant toute la capacité de notre conscience, ôter au mal la possibilité même de naître ? C’est seulement quand l’activité généreuse commence à défaillir, qu’une place vide se creuse dans la conscience où le mal s’insinue. Et la morale la plus virile ne connaît que des préceptes positifs : elle commande ce qu’il faut faire, elle n’a plus besoin de rien nous défendre.

 

Premier § : en cherchant à définir ou à expliquer le mal, on lui donne de la réalité, et la conscience se sent attiré par lui.

 

 

®      Au contraire, on pourrait penser qu’en ne s’intéressant qu’au bien, on empêche le mal de naître dans la conscience

 

®      En effet, le mal n’apparaît(rait) que dans le vide créé par la défaillance du bien 

 

Donc, ce 1er § développe une thèse qui va être réfutée (cf. On peut se demander si..+ on pourrait penser) 

Mais c’est une illusion : le mal existe et est omniprésent.

Cependant, nous ne pouvons pas espérer qu’il nous suffise de nous tourner toujours vers le bien pour que le mal disparaisse de notre expérience. Nous le rencontrons partout en nous et hors de nous. Il ne se limite pas à la faute qui dépend de nous seul. La douleur est un mal ressenti, que nous sommes obligés de subir. Quelle que soit la pureté de notre volonté, il y a en nous des tendances mauvaises qui traversent tout à coup notre pensée comme un éclair et qui nous remplissent d’effroi par la profondeur où nous sentons qu’elles plongent, par une présence obscure dont elles ne cessent de nous environner et de nous menacer. Il y a la souffrance des autres, il y a leur misère morale. Le mal se mêle malgré nous à nos moindres gestes, à nos démarches les plus naturelles : il est peut-être un ingrédient de nos actions les meilleures. Méconnaître le mal pour donner à notre activité le bien comme unique point d’application, c’est s’aveugler volontairement, c’est s’exposer au désarroi quand le mal s’offre à nous malgré nous, c’est manquer de ce courage de l’esprit qui doit regarder le réel face à face, et l’embrasser dans sa totalité afin de le pénétrer et de le redresser.

Mais c’est une illusion car  le mal existe partout autour de nous et en nous

®      Sous la forme de la faute qui dépend de nous seul

®       Mais aussi sous la forme de la douleur que nous ressentons malgré nous

®      Des « tendances mauvaises » traversent notre pensée malgré nous (révélatrice d’une présence obscure en nous du mal)

®      La souffrance des autres, misère morale

®      Le mal se mêle à toutes nos actions, même peut-être aux meilleures

 

 

 

 

 

Donc on ne peut ignorer le mal

®      c’est une illusion que de vouloir le faire.

®      C’est prendre le risque d’être désarmé face au mal

®      C’est refuser de voir la réalité et donc de tenter d’agir sur elle

Bien que différents, le mal et le bien sont complémentaires : c’est l’écart entre eux qui est source de réflexion

Le mal est l’objet de toutes les protestations de la conscience : de la sensibilité, quand il s’agit de la souffrance, et du jugement, quand il s’agit de la faute ; et c’est parce que nous ne pouvons pas résigner notre liberté que nous avons le pouvoir, tout en le repoussant, de le commettre. Le mal est le scandale du monde. Il est pour nous le problème majeur ; c’est lui qui fait pour nous du monde un problème. Il nous impose sa présence sans que nous puissions la récuser. Il n’y a point d’homme à qui elle soit épargnée. Elle exige que nous cherchions tout à la fois à l’expliquer et à l’abolir.

Le mal= objet des protestations de la conscience

®      Sensibilité (forme de protestation)

®      Jugement (autre forme de protestation)

Il est aussi le signe de notre liberté, qui nous  permet de le repousse, mais aussi de le commettre

Mal= scandale du monde, qu’il rend problématique

®      En imposant sa présence

®      En imposant cette présence à tous

®      En nous obligeant à comprendre et à agir contre cette présence

 Dirons nous que le bien lui aussi est un problème ? Mais le mot même ne convient plus aussi parfaitement, car le bien, dès qu’on l’a reconnu, dès qu’on l’a accompli, est au contraire une solution ; il est même par définition la solution de tous les problèmes. Par une sorte de renversement, il n’est un problème que pour celui qui le cherche, au lieu que le mal est un problème pour celui qui le trouve. Car il n’y a pas de volonté qui, en poursuivant le mal, ne poursuive encore une ombre du bien. Mais c’est en réfléchissant sur l’intervalle qui sépare le bien que nous voulons du mal que nous faisons que la réflexion nous découvre à la fois le sens de notre destinée, le cœur même de notre responsabilité et le centre d’oscillation de notre vie spirituelle.

Le bien au contraire ne pose pas de problème, mais est une solution

Bien = pb pour celui qui le cherche

®      Mal = pb pour celui qui le trouve

En effet, poursuivant le mal, c’est un ombre du bien qu’on cherche

 

 

 

Néanmoins, en réfléchissant sur l’écart entre le bien souhaité et le mal commis, on découvre

®      Le sens de notre destinée

®      Le cœur de notre responsabilité

®      Le centre et l’oscillation de notre vie spirituelle

 

 

Le mal est donc la condition du bien, ce qui le rend nécessaire

On ne peut penser ni le bien ni le mal isolément. Ils n’existent que l’un par rapport à l’autre et comme deux contraires dont chacun appelle l’autre et l’exclut. Nul ne peut se représenter le mal sans imaginer le bien auquel il nous rend infidèle ; et le bien, à son tour, ne peut nous apparaître comme bien que par l’idée d’un mal possible qui risque de nous séduire et de nous faire succomber.

Donc il est impossible de penser le bien sans penser le mal

®      Le mal se définit par rapport au bien et vice versa

Il est impossible d’imaginer un monde où ne régnerait que le bien et d’où le mal serait banni. Car, pour une conscience qui n’aurait pas l’expérience du mal, il n’­aurait rien non plus qui méritât le nom de bien. Dans une parfaite égalité de valeur entre toutes les formes de l’être, toute valeur disparaîtrait, comme l’ombre nous permet de percevoir la lumière et lui donne son prix. L’amour même que j’ai pour le bien n’est possible que par la présence du mal dont je cherche à m’affranchir et qui ne cesse de me menacer. Le bien ne donne un sens au monde que par le scandale même du mal qui me fait désirer le bien, m’oblige à me le représenter et impose à ma volonté le devoir d’agir pour le réaliser.

De même, impossible d’imaginer un monde avec seulement le bien,  sans le mal.

®      Sans conscience du mal, pas de conscience du bien

o    Egalité des valeurs= absence de valeur

§  On n’aime le bien que parce que le mal existe et qu’on veut y échapper ou le repousser

§  L’existence du mal donne sens au monde puisqu’il m’oblige à me représenter le bien et à vouloir agir pour le réaliser

 

C’est l’alternative du mal et du bien qui est la source même de notre vie spirituelle. Si haute que soit celle-ci, il subsiste toujours en elle quelque Mal qui l’oblige à se dépasser ; il est toujours pour elle le péril dans lequel elle risque de tomber. Nous prions le Seigneur qu’il nous délivre du mal ; et nous espérons toujours que notre intelligence pourrait devenir si pure et notre volonté si parfaite, que nous cesserions tout à la fois de connaître le mal et de le faire. Mais qui pensera que le bien puisse jamais exister en vertu d’une inéluctable nécessité ? Peut-on comprendre qu’il devienne un jour une loi de la nature, une chose qui nous soit donnée ? Avec la possibilité du mal, c’est le bien qu’on anéantit. On aboutit donc à un extraordinaire paradoxe, c’est que le bien, qui donne à tout ce qui est sa valeur, sa signification et sa beauté, appelle le mal comme la condition de son être même. Et pourtant le mal, qui en est la négation, ne peut se justifier à son tour que par une démarche qui le nie ; ainsi il faut qu’il soit, mais il ne peut être que pour être supprimé.

 Le choix entre bien et mal crée notre vie spirituelle,

®      puisqu’il nous oblige à nous garder du mal

 

 

®      puisqu’il donne un but de perfection à notre intelligence et à notre volonté.

Cependant, on ne peut croire à la disparition du mal, car il est la condition du bien

 

Donc paradoxe : le bien a besoin du mal, qui est portant sa négation, pour pouvoir donner valeur et signification à toute choses. Et le mal doit être mais pour être supprimé

 

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Refomulation

L. LAVELLE. Le mal et la souffrance (1940)

On peut se demander s’il est utile à l’esprit de fixer son regard sur le mal, soit pour le définir, soit pour l’expliquer, soit pour l’éviter. Car on lui donne, en le considérant de trop près, une espèce de réalité ; il fascine alors la conscience qui, par la peur même qu’elle en a, se sent attirée par lui. N’est-ce pas au contraire la pensée et la volonté du bien qui seules doivent donner à notre âme la lumière et la force et, en occupant toute la capacité de notre conscience, ôter au mal la possibilité même de naître ? C’est seulement quand l’activité généreuse commence à défaillir, qu’une place vide se creuse dans la conscience où le mal s’insinue. Et la morale la plus virile ne connaît que des préceptes positifs : elle commande ce qu’il faut faire, elle n’a plus besoin de rien nous défendre.

Penser que s’interdire de réfléchir au mal, c’est l’empêcher d’être, c’est nier la réalité de son existence et risquer d’être incapable de le combattre

Cependant, nous ne pouvons pas espérer qu’il nous suffise de nous tourner toujours vers le bien pour que le mal disparaisse de notre expérience. Nous le rencontrons partout en nous et hors de nous. Il ne se limite pas à la faute qui dépend de nous seul. La douleur est un mal ressenti, que nous sommes obligés de subir. Quelle que soit la pureté de notre volonté, il y a en nous des tendances mauvaises qui traversent tout à coup notre pensée comme un éclair et qui nous remplissent d’effroi par la profondeur où nous sentons qu’elles plongent, par une présence obscure dont elles ne cessent de nous environner et de nous menacer. Il y a la souffrance des autres, il y a leur misère morale. Le mal se mêle malgré nous à nos moindres gestes, à nos démarches les plus naturelles : il est peut-être un ingrédient de nos actions les meilleures. Méconnaître le mal pour donner à notre activité le bien comme unique point d’application, c’est s’aveugler volontairement, c’est s’exposer au désarroi quand le mal s’offre à nous malgré nous, c’est manquer de ce courage de l’esprit qui doit regarder le réel face à face, et l’embrasser dans sa totalité afin de le pénétrer et de le redresser.

 

 

 

Le mal est l’objet de toutes les protestations de la conscience : de la sensibilité, quand il s’agit de la souffrance, et du jugement, quand il s’agit de la faute ; et c’est parce que nous ne pouvons pas résigner notre liberté que nous avons le pouvoir, tout en le repoussant, de le commettre. Le mal est le scandale du monde. Il est pour nous le problème majeur ; c’est lui qui fait pour nous du monde un problème. Il nous impose sa présence sans que nous puissions la récuser. Il n’y a point d’homme à qui elle soit épargnée. Elle exige que nous cherchions tout à la fois à l’expliquer et à l’abolir.

En effet, parce qu’il s’impose à nous, alors que le bien est à chercher, le mal nous pose la question essentielle de leur différence.

Dirons nous que le bien lui aussi est un problème ?  Mais le mot même ne convient plus aussi parfaitement, car le bien, dès qu’on l’a reconnu, dès qu’on l’a accompli, est au contraire une solution ; il est même par définition la solution de tous les problèmes. Par une sorte de renversement, il n’est un problème que pour celui qui le cherche, au lieu que le mal est un problème pour celui qui le trouve. Car il n’y a pas de volonté qui, en poursuivant le mal, ne poursuive encore une ombre du bien. Mais c’est en réfléchissant sur l’intervalle qui sépare le bien que nous voulons du mal que nous faisons que la réflexion nous découvre à la fois le sens de notre destinée, le cœur même de notre responsabilité et le centre d’oscillation de notre vie spirituelle.

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